Vous recherchez de nouveaux collaborateurs. Et si vous faisiez appel à des travailleurs intérimaires ?

Bouwnieuws et Accent Construct

Aujourd’hui, la recherche de bons collaborateurs s’apparente à la proverbiale recherche de l’aiguille dans la botte de foin. Comment repérer l’oiseau rare dans une offre déjà raréfiée ? Le travail intérimaire représente-t-il vraiment un tremplin vers le contrat à durée indéterminée ? Bouwnieuws s’est enquis auprès de deux entrepreneurs de leur expérience en matière de travailleurs intérimaires et a également sollicité l’avis de deux experts d’Accent.

Bouwnieuws en Accent Construct
(De gauche à droite) Yves Lameire (administrateur délégué Lameire techniques de fondation), Lien Byttebier (directrice générale Accent Construct), Jonathan Delft (directeur général MR Group) et Jennifer Bourgeois (directrice commerciale régionale Accent Construct).

Yves Lameire est administrateur délégué chez Lameire techniques de fondation à Eeklo, un acteur de niche dans le domaine des fondations, des blindages et des techniques spéciales, actif au Benelux et dans le nord de la France. Jonathan Delft est directeur général de MR Group à Courtrai/Merksem. L’entreprise se centre sur l’installation d’équipements d’énergie renouvelable dans le cadre de projets résidentiels et non résidentiels, avec un accent particulier sur les panneaux solaires. Lien Byttebier et Jennifer Bourgeois, respectivement directrice générale d’Accent Construct et directrice régionale des ventes chez Accent Construct, apportent leur expertise à la discussion.

Jonathan Delft : « Ces dernières années, nous avons connu une belle poussée de croissance, qui a permis de quadrupler le nombre de nos employés. Aujourd’hui, nous occupons environ 70 personnes, dont 38 employés permanents, et collaborons fréquemment avec des sous-traitants. Chaque mois, nos équipes effectuent environ 160 installations photovoltaïques chez des particuliers et réalisent cinq grands projets – des écoles, des usines et récemment un complexe cinématographique à Schiedam. Pour réduire le temps perdu dans la congestion du trafic, nous avons ouvert l’an dernier une succursale à Merksem où, à l’heure actuelle en tout cas, nous fonctionnons principalement avec des travailleurs intérimaires. Les bons techniciens sont rares. Le travail intérimaire est le moyen le plus simple de mettre le pied à l’étrier pour ces personnes. Pour l’entreprise en croissance que nous sommes, Accent Construct représente un partenaire apprécié. Nous embauchons des collaborateurs intérimaires avec l’objectif de conclure in fine un contrat de travail à durée indéterminée. Nous traitons les pics temporaires en faisant appel à des sous-traitants. Former des travailleurs intérimaires sur un seul projet ne présente pas d’intérêt en termes de rentabilité. »

« Notre expérience est très similaire », reprend Yves Lameire. « L’emploi intérimaire constitue presque le seul moyen d’attirer des candidats. Nous aspirons nous aussi à conclure des contrats à durée indéterminée. Nous refusons d’ailleurs les personnes qui ne recherchent un emploi qu’à titre temporaire. Récemment, nous avons testé la publication traditionnelle d’offres d’emploi dans le journal et sur le site web associé. Seuls deux des quatre emplois vacants ont suscité de l’intérêt. Nous avons reçu un candidat-calculateur et une dizaine de candidats-assistants dont aucun ne convenait au poste. Un investissement perdu de plus de 5 000 euros. »

Lien Byttebier et Jennifer Bourgeois : « Chez Accent Construct, nous considérons le travail intérimaire comme une période d’essai en prélude à un contrat à durée indéterminée. Nos intérimaires rejoignent un vivier d’employés permanents et peuvent effectuer leur travail avec la stabilité nécessaire. Cela favorise le transfert des connaissances, la sécurité et l’efficacité ».

Bouwnieuws en Accent Construct aan het woord

Comment se détermine ensuite l’octroi d’un contrat à durée indéterminée ?

Yves Lameire : « Nous considérons d’abord la qualité de l’attitude. Chez nous, tout commence par la ponctualité. Tous nos chantiers commencent à 7 heures du matin, ce qui, compte tenu du temps de déplacement, signifie souvent un départ très tôt le matin pour nos employés qui travaillent par équipes de deux ou trois. Une personne qui arrive en retard est le domino qui fait basculer toute la rangée : cela a un coût. »

Jonathan Delft : « La mentalité appropriée constitue en effet l’exigence de base. Si nécessaire, nous nous chargeons nous-mêmes de la formation continue en ce qui concerne les connaissances techniques. Nos techniques sont extrêmement spécifiques : ce n’est pas à l’école qu’on apprend à les maîtriser. Il va cependant de soi que tous les travailleurs intérimaires ne décrochent pas un contrat à durée indéterminée. »

Lien Byttebier : « Accent Construct a développé plusieurs canaux de recrutement, en ligne et hors ligne, qui nous différencient de nos concurrents. Nous possédons une offre abondante à l’étranger, nous travaillons en étroite collaboration avec les écoles et nous avons récemment lancé un projet destiné aux réfugiés. Ce qui nous permet de présenter une offre diversifiée. Mais la demande reste plus importante, de sorte que nous ne pouvons pas toujours être aussi sélectifs que nous le voudrions. Il est important de partir du candidat et non du poste à pourvoir. »

Jennifer Bourgeois : « Nos employés internes possèdent un esprit commercial et peuvent présélectionner les candidats mais sur le plan technique, ils auraient besoin d’une formation plus poussée. Nous affinons leurs résultats sur la base de tests, de visites sur site, et d’entretiens avec le client et avec les candidats. Si quelqu’un progresse et doit être remplacé, cela prend naturellement un certain temps. »

Jonathan Delft : « Dans le passé, nous avons constitué une boîte de composants électriques que les collaborateurs d’Accent Construct utilisaient lors des screenings. Les candidats qui ne connaissaient pas ces composantes ne passaient pas la rampe. »

Yves Lameire : « J’ai une bonne expérience d’Accent Construct, ce n’est pas le cas pour toutes les agences de travail intérimaire. Par exemple, nous nous sommes récemment entendu présenter par téléphone un candidat que nous avions congédié 14 jours plus tôt. L’agence en question avait simplement sélectionné l’intéressé auprès du VDAB sans autre forme de vérification. »

Le surcoût du travail intérimaire ne constitue-t-il pas un obstacle ?

Yves Lameire : « Ce n’est pas mon avis. Par le passé, nous avons recruté directement plusieurs personnes qui se sont rapidement révélées de mauvaises pioches. Lorsque cela se produit, vous devez respecter un délai de préavis d’au moins deux semaines – voire nettement plus. Dans le cas des travailleurs intérimaires, vous concluez un contrat d’une semaine. Si la personne ne convient pas, la collaboration ne continue pas, et ce sans autre formalité. La collaboration peut également être interrompue pendant une ou deux semaines en cas de baisse de la charge de travail. Cela vous dispense de recourir au chômage économique. L’alternative s’avère doublement utile car tant qu’une équipe est en chômage économique, les autres équipes ne peuvent pas prester d’heures supplémentaires. »

Lien Byttebier : « Nous appliquons un certain pourcentage au taux horaire, ce qu’il faut considérer comme une sorte de police d’assurance. Si la personne concernée est parfaitement apte à l’emploi, ne tombe pas malade, ne prend pas de petit congé et n’a pas d’accident du travail, vous payez plus que si vous l’aviez recrutée directement. Mais si les choses ne se passent pas aussi bien, recruter directement n’est pas nécessairement plus économique. »

Jonathan Delft : « Si un candidat finit par décrocher un contrat à durée indéterminée, il est un fait que vous avez payé un peu plus cher. Mais c’est l’agence de travail intérimaire qui a fait le travail de vous présenter cette personne. Pour réduire le tarif, vous pouvez vous-même rechercher un candidat intérimaire. Cette alternative vous permet d’évaluer l’intéressé pendant la période de travail intérimaire. Inversement, il y a quelque temps, nous avons immédiatement conclu un contrat à durée indéterminée avec un candidat qui avait été recruté par l’agence de travail intérimaire, car il y avait une demande pertinente dans ce sens. Dans ce cas, vous rachetez le contrat et payez une commission de sélection. »

Jennifer Bourgeois : « C’est plus courant chez les employés. Chez les ingénieurs et les chefs de chantier, par exemple, cette solution est largement plébiscitée. »

Yves Lameire : « Quant à nous, nous ne répondons pas à ce type de demande. Je pense que pour vraiment découvrir quelqu’un, 130 jours de mise à l’emploi en tant qu’intérimaire ne sont pas de trop. Recruter soi-même des candidats, c’est sans conteste une excellente idée, mais encore faut-il les trouver, et ce n’est pas chose aisée de nos jours. »

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Lien Byttebier

Lien Byttebier General Manager Construct

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